Poésie

Poesie

 

Tant de forêts

 

Le hareng saur

 

 

http://www.cestmagnifique.fr/les-petites-choses-vie/

 

 

Deux escargots qui vont à l'enterrement

A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le noir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un p'tit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

J. Prévert

 

C'est aussi une chanson.

Interprétée par de nombreux artistes, nous avons retenu la version des frères Jacques.

Ce quatuor vocal a marqué l'histoire de la chanson française pendant près de 40 ans.

Non seulement par l'excellence de leurs interprétations mais surtout pour leur célèbre facette scénique.

Justaucorps, collants, gants et chapeaux les caractérisent à jamais aux yeux du public,

sans compter leurs mises en scène savamment chorégraphiées pour chaque chanson.

Mêlant comédie, humour et musique, les Frères Jacques ont une place bien particulière dans le répertoire français.

http://www.deezer.com/fr/music/les-freres-jacques#music/les-freres-jacques


Les hiboux

Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les tenant sur les genoux.
Leurs yeux d'or valent des bijoux
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux !
 

Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
Ou dans la cabane bambou ?
A Moscou ? Ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?
Hou ! Hou !
Pas du tout, c'était chez les fous.

Robert Desnos

 


Saltimbanques

                                   


 

Dans la plaine les baladins

 

S'éloignent au long des jardins

 

Devant l'huis des auberges grises

 

Par les villages sans églises


 

Et les enfants s'en vont devant

 

Les autres suivent en rêvant

 

Chaque arbre fruitier se résigne

 

Quand de très loin ils lui font signe


 

Ils ont des poids ronds ou carrés

 

Des tambours des cerceaux dorés

 

L'ours et le singe animaux sages

 

Quêtent des sous sur leur passage



Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)     

 

http://www.deezer.com/fr/index.php?incr=1#music/yves-montand/yves-montand-au-theatre-de-l-etoile-241275

Interprétation d'Yves Montand...

Morceau N°8


Le Myosotis

Quand tu partis, quand
Tu levas le camp
Pour suivre les pas
De ton vieux nabab,
De peur qu' je n' sois triste,
Tu allas chez l' fleuriste
Quérir un' fleur bleue,
Un petit bouquet d'adieu,
Bouquet d'artifice ;
Un myosotis,
En disant tout bas
Ne m'oubliez pas.

Afin d'avoir l'heur'
De parler de toi,
J'appris à la fleur
Le langag' françois.
Sitôt qu'elles causent
Paraît que les roses
Murmurent toujours
Trois ou quatre mots d'amour.
Les myosotis
Eux autres vous dis'nt,
Vous disent tout bas :
Ne m'oubliez pas.

Les temps ont passé.
D'autres fiancées,
Parole d'honneur,
M'offrir'nt le bonheur.
Dès qu'une bergère
Me devenait chère,
Sortant de son pot
Se dressant sur ses ergots
Le myosotis
Braillait comme dix
Pour dire "Hé là-bas,
Ne m'oubliez pas."

Un jour Dieu sait quand,
Je lèv'rai le camp,
Je m'envol'rai vers
Le ciel ou l'enfer.
Que mes légataires,
Mes testamentaires,
Aient l'extrême bonté,
Sur mon ventre de planter
Ce sera justic'
Le myosotis
Qui dira tout bas :
Ne m'oubliez pas.

Si tu vis encor',
Petite pécor',
Un d' ces quat' jeudis,
Viens si l'cœur t'en dit
Au dernier asile
De cet imbécile
Qui a gâché son cœur,
Au nom d'une simple fleur.
Y a neuf chanc's sur dix
Qu' le myosotis
Te dise tout bas :
Ne m'oubliez pas.

 

Georges Brassens

myosotis.midMyoso


Moi, j'aime bien la fessée

http://www.deezer.com/fr/#/music/pierre-chene/Chansons-pour-rire-et-pour-sourire-46910


 

Les écoliers

Les écoliers 

   

Sur la route couleur de sable
En capuchon noir et pointu,
Le « moyen », le « bon », le « passable »
Vont à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.
 
Ils ont dans leur plumier des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches, du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d’autres petits hommes.
 
Ils ont la ruse et la paresse
— Mais l’innocence et la fraîcheur —
Près d’eux les filles ont des tresses
Et des yeux bleus couleur de fleur
Et de vraies fleurs pour la maîtresse.
 
Puis les voilà tous à s’asseoir
Dans l’école crépie de lune,
On les enferme jusqu’au soir
Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume
Pour s’envoler. Après, bonsoir !


Maurice Fombeure

 

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